Définition
Énoncé reliant invariants algébriques et points fixes : pour une application continue f d'un espace compact et triangulable (ou plus généralement un ANR compact), le nombre de Lefschetz L(f), calculé comme somme alternée des traces des applications induites f_* en homologie, détecte les points fixes — si L(f)≠0 alors f admet au moins un point fixe.
Principe
Principe
L'information de trace algébrique fournie par les applications induites en homologie encode des données essentielles sur les points fixes ; la non‑annulation du nombre de Lefschetz empêche d'éliminer tous les points fixes par homotopie.
Démonstration
Démonstration
Pour une application continue f sur la n‑sphère le nombre de Lefschetz vaut 1+(−1)^n deg(f) et lorsqu'il est non nul garantit un point fixe ; en particulier l'identité a un nombre de Lefschetz non nul et admet donc des points fixes, comme attendu.
Mauvaise application
Mauvaise application
Prendre L(f) pour un comptage exact des points fixes dans tous les contextes ou conclure que L(f)=0 implique l'absence de points fixes. Le théorème donne une existence (lorsque non nulle) mais pas un comptage exact en cas de dégénérescences ; la théorie de Nielsen affine ces comptes.
Conséquence
Conséquence
Fournit un critère d'existence puissant pour des points fixes en dynamique topologique et en topologie algébrique et sert souvent d'obstruction calculable dans des contextes appliqués ; il oriente aussi vers des méthodes algébriques pour étudier le comportement qualitatif des applications à homotopie près.
Inversion
Inversion
L(f)=0 n'implique pas que f soit sans points fixes ; des applications de Lefschetz nul peuvent tout de même posséder des points fixes, et des homotopies peuvent parfois créer ou enlever des points fixes tout en conservant L(f)=0.
Limite
Limite
Nécessite compacité et une condition de finitude (triangulabilité, ANR ou une bonne théorie d'homologie) pour définir le nombre de Lefschetz et appliquer le théorème. Il concerne les auto‑applications continues ; les extensions aux espaces non compacts demandent des précautions et des hypothèses supplémentaires.
Tension sémantique
Tension sémantique
Se relie au théorème du point fixe de Brouwer (cas particulier sur les boules) et contraste avec la théorie des points fixes de Nielsen qui raffine l'existence en classes essentielles et fournit des minima de points fixes à homotopie près ; Lefschetz donne des obstructions plus grossières mais calculables.
Synthèse
Synthèse
Le théorème de Lefschetz transforme des traces homologiques algébriques en existence topologique : un nombre de Lefschetz non nul impose l'existence d'un point fixe, reliant des invariants linéaires des applications induites à des phénomènes non linéaires de points fixes.